Pour visiter Taïwan, l’idée la plus répandue est de faire le tour de l’île… mais avez-vous déjà testé les chemins de traverse ? Nous vous proposons d’enfourcher votre moto, votre scooter, votre voiture ou, pour les plus sportifs, votre bicyclette et c’est parti de la mer jusqu’à la mer en passant à plus de 3000 mètres !

La transinsulaire, la vraie, l’originale, c’est la route n°8. Partant du nord de Taichung, elle passe par Dongshi, file jusqu’à Guguan, traverse la montagne pour rejoindre Lishan, surplombe le réservoir de Deji, avant de plonger dans les gorges de Taroko et de terminer sa course à Xincheng. Parfait programme me direz-vous !

Oui, sauf que léger soucis (façon de parler), le tronçon entre Guguan et Lishan est fermé aux non-résidents en raison des dégâts causés par les séismes, celui du 21 septembre 1999 notamment, et les typhons. Et, nous avons tenté pour vous, impossible de passer : des bonshommes montent la garde et ne vous laisserons pas outrepasser la barrière ! Dites-vous que c’est pour votre sécurité et mettez votre mouchoir sur les (paraît-il) magnifiques paysages qui séparent les deux villages.
Donc, la vraie, l’originale, on l’oublie et on en crée une autre, la nôtre, celle que nous vous partageons ici !

Notre transinsulaire :

Si vous ne faites pas l’aller-retour, il va falloir choisir entre deux superbes routes pour relier Taichung à Puli, passerez-vous plutôt par le Nord ou par le Sud ?

La route passant par le nord, avec en particulier la route n°21, est plus sauvage (bien que largement exploitée), plus longue aussi et plus sinueuse. Une fois le Fuxing Bridge passé, vous aurez l’impression d’être dans un livre d’images à ciel ouvert : derrière chaque virage une nouvelle vallée, une nouvelle page d’un livre. Les paysages sont à couper le souffle et changent régulièrement, des palmeraies aux champs d’arbres fruitiers, des théiers aux fougères géantes. La végétation, entrecoupée de rivières et de cascades, est toujours luxuriante. La route y serpente entre virages à épingle, montées et descentes.
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La route passant par le sud, la route n°136, venait d’être refaite lorsque nous y sommes passés. Toute neuve, elle est très agréable pour la conduite. Les palmeraies y ont la belle part, mais vous croiserez aussi des bambouseraies et des forêts tropicales aux essences plus mélangées. L’ambiance y est étrange : la route est ultramoderne au milieu d’une forêt aux allures sauvages… des déformations de la route, chutes de pierres ou autres éboulements nous rappellent qu’ici c’est bien la nature qui gouverne. Une fois arrivés à Guoxing, le décor change, une large route à 6 voies permet de rejoindre rapidement Puli.

De Puli à l’entrée dans le parc national de Taroko, ça monte, ça monte et ça monte encore ! Évidemment me direz-vous car Puli n’est qu’à 445 mètres au-dessus du niveau de la mer quand l’entrée du parc, située au pied de Hehuanshan, est elle à 3070 mètres !
Vous longerez d’abord des champs, des serres et des pépinières. En bas, la culture est reine. Au fil de la montée, les variétés cultivées changent. Après le village de Ren’ai prenez le temps de vous arrêter et d’admirer la vue sur le réservoir Wan-ta. Puis, en continuant à monter, vous vous retrouverez dans la « Little Switzerland », drôle de nom n’est-ce pas ? Cela s’explique par la végétation qui peu à peu se dévoile devant vous, plus vous engrangez les kilomètres, plus vous vous retrouvez dans une forêt alpine… épineux et autres fleurs d’altitude s’offrent à vous. Oubliez la flore tropicale et rappelez-vous vos balades dans le Sud-Est de la France. Enfin vous arrivez à la limite de la flore arborescente, plus aucun arbre et des pâturages à perte de vue (nous n’avons pour autant pas vu d’animaux pâturer). Là, vous entrez dans le parc national de Taroko et basculez dans l’autre bassin versant, celui de l’Est taïwanais.

Nous avions lu beaucoup de bons retours sur la route de Lishan, nous avons donc poussé notre scooter jusque là-bas (façon de parler hein, mais pensez bien à faire le plein d’essence à 台灣中油清境站 car après il n’y en a plus pendant un bon moment) et pris à gauche à Dayuling, alors que c’est la route de droite qui conduit aux gorges de Taroko. Quelle bonne idée nous avons eu ! La route de Dayuling à Lishan est très belle. À flanc de montagne, dans une végétation redevenue luxuriante, au milieu des champs de thé, des pêchers, des pommiers… c’est le Taïwan authentique. Vous croiserez sûrement des travailleurs dans les champs, des camions remplis de choux ou des feuilles de thé étalées à même le sol en train de sécher sous des hangars ouverts.

Revenez ensuite sur vos pas (et découvrez l’envers du décor) pour rejoindre la route des gorges de Taroko. On vous concocte très vite un autre article pour évoquer cette merveille de Taïwan.

Sur la transinsulaire nord, on vous recommande particulièrement :
– la route n°21, reliant le Fuxing Bridge à Puli,
– la route 136, reliant Guoxing à Taichung,
– le tronçon de la route n°8 entre Dayuling et Lishan,
– les gorges de Taroko, bien sûr.
Suivant le temps que vous avez et votre moyen de locomotion, n’hésitez pas à faire des crochets à droite, à gauche, même si cela vous oblige à faire des allers-retours.

Nous n’avons pas vraiment eu le temps, mais de nombreuses randonnées sont à faire dans le coin. Lorsque le temps est clair et dégagé, cela doit être sublime.

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